Maximiser la valeur de son entreprise : les leviers à activer avant de vendre

Vous songez à vendre votre entreprise dans quelques années ? Ne faites pas l’erreur d’attendre le dernier moment pour agir. Les dirigeants qui obtiennent le meilleur prix sont ceux qui ont commencé à préparer leur sortie bien avant de lancer le processus de vente.

Le travail de valorisation, ou business staging, peut prendre de trois à cinq ans, parfois davantage. Voici les leviers essentiels à activer pour maximiser ce que vous avez mis des années à bâtir.

 

Commencer par un diagnostic honnête

Avant de chercher à augmenter la valeur de votre entreprise, encore faut-il savoir où elle en est vraiment. Un diagnostic rigoureux s’impose : forces et faiblesses sur le plan financier, opérationnel, des ressources humaines et du positionnement concurrentiel. Votre entreprise stagne-t-elle, décline-t-elle ou est-elle en croissance ? Quels sont les risques qu’un acheteur potentiel identifiera immédiatement ?

Ce regard critique, posé de préférence avec l’aide d’experts externes, permet d’établir une liste d’actions prioritaires et d’évaluer lesquelles offrent le meilleur retour sur investissement. L’achat d’un équipement neuf vaut-il la dépense si cela n’augmente pas suffisamment la valeur aux yeux d’un acheteur ? Ce sont des questions auxquelles vous devez répondre bien avant de vous asseoir à la table de négociation.

 

Établir les attentes

Combien vaut mon entreprise ? C’est souvent la première question d’un propriétaire qui envisage de vendre. Le multiple de BAIIA (bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement) est un raccourci, mais c’est la référence que les acquéreurs et le marché utilisent.

« Dans le marché actuel, la grande majorité des transactions se concluent entre quatre et six fois le BAIIA normalisé : c’est ce qu’on observe sur le terrain, et dans les principales bases de données de transactions », explique André Lafontaine, CPA, EEE, associé chez EC2.

Les multiples plus élevés font la manchette, mais ils correspondent à des profils spécifiques. Le principal discriminant est la taille de l’entreprise, suivi par la récurrence des revenus, le secteur, la croissance soutenue et le type d’acquéreur.

Une fois cette fourchette établie comme point de référence, une question stratégique demeure : existe-t-il une perspective réaliste de modifier certains paramètres avant la mise en marché ?

 

Aller au-delà du multiple : les vrais moteurs de la valeur

Le multiple de BAIIA est utile comme point de référence, mais il ne raconte qu’une partie de l’histoire. Pour comprendre pourquoi deux entreprises affichant un BAIIA comparable peuvent se vendre à des prix très différents, il faut revenir aux fondamentaux.

Dans l’épisode 62 du balado d’EC2 Au cœur de l’action, Mathieu Valcourt, associé chez RCGT, rappelle que deux grands facteurs déterminent la valeur d’une entreprise. D’abord, sa capacité à générer, et à continuer de générer, des flux de trésorerie dans le futur. Ensuite, le niveau de risque associé à la probabilité de générer effectivement ces flux. Plus le risque perçu est élevé, plus la valeur tend à diminuer.

Mais une fois la valeur intrinsèque maximisée, le travail n’est pas terminé. « Un conseiller en vente d’entreprise peut ajouter deux leviers décisifs pour maximiser la valeur d’une transaction », souligne Alexandre Lacasse, LL.B., D. Fisc., associé chez EC2.

« D’une part, mettre en place un processus structuré qui attire plusieurs acquéreurs qualifiés autour de la table. Plus la concurrence est réelle, meilleures sont les conditions négociées, tant sur le plan du prix que des modalités. »

« D’autre part, cibler les acquéreurs stratégiques capables de générer des synergies importantes avec l’entreprise, notamment par l’optimisation des coûts, le partage des infrastructures, l’intégration des équipes ou des systèmes, l’accès à de nouveaux marchés ou le renforcement du positionnement concurrentiel. Un acquéreur stratégique paiera pour la valeur combinée, pas seulement pour la valeur autonome de la cible. »

 

Réduire la dépendance au propriétaire

C’est l’un des premiers signaux d’alarme qu’un acquéreur cherchera à détecter : votre entreprise peut-elle fonctionner sans vous pendant plusieurs mois ? Si la réponse est non, vous avez un problème. Un acheteur qui constate que toute la valeur repose sur une seule personne, qui quittera l’entreprise après la vente ou quelques mois plus tard, en conclura que cette valeur n’est pas transférable.

Les relations clés avec les clients et les fournisseurs, la connaissance des processus, la prise de décision : tout cela doit être documenté et délégué. Bâtir une équipe de direction solide, capable de prendre la relève, est un incontournable pour obtenir une valorisation élevée.

L’enjeu ne se limite d’ailleurs pas au multiple offert. « La dépendance au propriétaire se manifeste de deux façons, résume André Lafontaine. D’une part, par un ajustement à la baisse du multiple offert. D’autre part — et c’est souvent moins anticipé par les vendeurs — par des modalités de paiement plus prudentes : balance de vente et retenues plus élevées, clauses de performance, et engagement de transition prolongé. »

 

Assainir et documenter vos finances

Les acheteurs sérieux et leurs institutions financières exigeront des états financiers de qualité. Des livres de comptes bien tenus, des données fiables, des indicateurs de performance clairs : autant d’éléments qui rassurent et accélèrent le processus de vente.

« La qualité de l’information a un impact direct sur la durée du processus transactionnel », ajoute André Lafontaine, notamment lors de la vérification diligente et de la mise en place du financement de l’acquéreur.

À l’inverse, des données incomplètes ou peu fiables prolongent la vérification diligente, fragilisent les conditions de financement et offrent à l’acquéreur des leviers de renégociation à la baisse, au moment précis où le vendeur a le moins de marge de manœuvre.

 

Analyser la rentabilité — vraiment

Savez-vous quels clients génèrent réellement vos profits ? La réalité dépasse souvent la règle du 80/20. Dans plusieurs secteurs, une partie des clients est carrément déficitaire. Une analyse de rentabilité fine, produit par produit et client par client, vous permettra de prendre des décisions d’affaires éclairées avant la vente : renégocier certaines ententes, repositionner certains produits, ou concentrer vos efforts là où la marge est la plus forte.

Ce travail améliore directement votre rentabilité, et peut se refléter dans la valeur marchande de la société.

 

Diversifier la clientèle et les revenus

Un acheteur sera nerveux si un seul client représente 40 % ou plus de vos revenus. Cette concentration crée un risque réel : que se passe-t-il si ce client part après la transaction ? Diversifier votre portefeuille de clients et, si possible, développer des sources de revenus récurrents —abonnements, contrats à long terme, services de maintenance — améliore significativement l’attrait de votre entreprise et sa valorisation.

 

Numériser et structurer les opérations

Une entreprise dont les processus sont bien documentés, dont les données sont accessibles et dont les systèmes sont à jour inspire confiance. À l’inverse, des opérations qui reposent sur la mémoire d’un seul employé-clé, des logiciels désuets ou une absence de données de gestion soulèvent des questions qui peuvent ralentir ou compromettre une transaction.

« En pratique, les acquéreurs vont évaluer les investissements de rattrapage nécessaires et les déduire de la valeur d’entreprise, précise André Lafontaine. L’impact sur le prix payé au vendeur peut atteindre plusieurs centaines de milliers, voire quelques millions de dollars : un montant généralement bien supérieur à ce qu’aurait coûté la mise à niveau réalisée en amont par le propriétaire. »

 

Planifier : le temps est votre allié

Une vente bien préparée se conclut plus rapidement, attire davantage d’acheteurs qualifiés et facilite l’accès au financement pour l’acquéreur. Le vendeur se trouve alors en position de force pour négocier.

À l’inverse, une vente précipitée, pour cause de problèmes de santé, de conflits entre associés ou de pression financière, se traduit presque toujours par un prix inférieur à la valeur réelle de l’entreprise.

Les dirigeants qui amorcent ce travail bien avant la transaction en récoltent les fruits non seulement au moment de la vente, mais pendant les années de préparation, grâce à une entreprise plus rentable, plus solide et plus résiliente.

 

Vous envisagez une vente ou un transfert d’entreprise ?

Maximiser la valeur de votre entreprise avant une transaction est un processus structuré qui demande expertise, méthode et regard externe. EC2 accompagne les dirigeants à chacune des étapes de cette démarche, depuis le diagnostic initial jusqu’à la clôture de la transaction. Prenez contact avec notre équipe d’experts pour amorcer la réflexion et commencer à bâtir la sortie que votre travail mérite.

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