Après deux années marquées par la prudence, le marché canadien des fusions et acquisitions entre dans une nouvelle phase. Les transactions reprennent — malgré l’incertitude commerciale et géopolitique persistante — et sont plus ciblées, plus structurées. Dans ce contexte, connaître la valeur réelle de son entreprise devient aussi crucial que le moment de la vente.
Selon PwC, l’activité s’est normalisée en 2025 et cette tendance devrait se maintenir au premier semestre de 2026. Les données récentes confirment ce retour à l’équilibre. Entre juillet et septembre 2025, 642 transactions ont été annoncées au Canada, pour une valeur totale de près de 139 milliards de dollars (G$).
Cette phase s’accompagne toutefois d’un resserrement des pratiques. Les négociations sont plus encadrées, les vérifications diligentes plus approfondies et le partage du risque plus fréquent. Les structures de prix deviennent plus flexibles, tandis que les négociations s’étirent davantage dans le temps.
Les entreprises acquéreuses sortent gagnantes
Dans ce marché plus discipliné, une question s’impose : ces transactions créent-elles réellement de la valeur pour les entreprises qui s’y engagent? Sur ce point, les données de la Banque de développement du Canada (BDC) sont sans équivoque.
Selon une récente étude, les entreprises qui réalisent des acquisitions sortent le plus souvent gagnantes. Cinq ans après une transaction, les PME acquéreuses affichent des profits quatre fois plus élevés que celles qui misent uniquement sur la croissance organique. Si l’année de l’acquisition s’accompagne généralement d’un recul temporaire de la rentabilité, les gains à moyen terme sont bien réels — à condition que l’opération soit planifiée et intégrée avec rigueur.
La BDC estime à près de 300 G$ la valeur des transferts d’entreprises qui devraient se concrétiser au Canada au cours des prochaines années. Environ une société sur cinq au pays changera de mains d’ici cinq ans, alors même que le nombre d’acheteurs potentiels excède celui des vendeurs. La préparation devient un facteur clé, tant pour sécuriser la transaction que pour en maximiser les bénéfices.
Quand la transaction se joue aussi sur l’évaluation
Si le marché promet des retombées économiques importantes, encore faut-il savoir sur quelles bases négocier. Et cela commence par une question simple, mais déterminante : combien vaut réellement l’entreprise ? Or, la réponse est loin d’être évidente pour de nombreux dirigeants, observe Mathieu Valcourt, associé et coresponsable de l’équipe d’évaluation d’entreprise du Grand Montréal chez RCGT. Il abordait cet enjeu dans l’épisode 62 du balado Au cœur de l’action d’EC2.
Selon l’expert, plusieurs entrepreneurs ont tendance à estimer eux-mêmes la valeur de leur organisation à partir de critères difficilement quantifiables : l’énergie investie au fil des années, le rôle central qu’ils occupent dans l’organisation ou encore la notoriété acquise dans leur milieu. « Après 20 ou 30 ans à bâtir une entreprise, c’est normal d’y attacher une valeur émotionnelle », explique-t-il. Le problème survient lorsque cette valeur perçue s’éloigne trop de ce que le marché est prêt à reconnaître.
« Le rôle de l’évaluateur, c’est d’enlever les lunettes roses avant que l’entrepreneur arrive sur le marché », résume Mathieu Valcourt. Un dirigeant qui n’a pas une idée juste de la valeur de son entreprise risque alors d’écarter des propositions pourtant cohérentes, simplement parce qu’elles ne correspondent pas à sa perception initiale, souligne-t-il.
Mais l’évaluation n’est qu’un maillon clé du processus. Pour Louis Blain, CPA, associé chez EC2, la réussite d’une transaction repose aussi sur une préparation globale, qui dépasse largement les seuls chiffres de l’entreprise. « Le dirigeant doit aussi faire un bon plan financier personnel, rappelle-t-il. Le produit de la vente doit permettre de couvrir le train de vie à long terme. Il est aussi important de réfléchir à la transition vers la retraite parce que cela peut influencer directement les décisions au moment de négocier. »
Autre point de vigilance : rester concentré sur les opérations pendant le processus transactionnel. « Trop souvent, l’entrepreneur s’implique tellement dans la transaction qu’il en vient à négliger ses résultats opérationnels », met en garde Louis Blain. Or, tout écart par rapport aux performances attendues peut semer le doute chez les acheteurs et leurs créanciers, compliquant la conclusion de la transaction.
C’est là que l’accompagnement prend toute son importance. « Chez EC2, nous récupérons la documentation nécessaire à la vérification diligente en amont, ce qui permet d’encadrer rapidement les enjeux et d’éviter les surprises », explique-t-il. L’équipe agit comme un véritable quart-arrière, coordonnant les intervenants et s’assurant que tous travaillent à partir d’une information fiable et partagée — un facteur clé pour réduire les frictions dans les communications et les négociations.
Vous envisagez une acquisition, une vente ou un transfert d’entreprise ?
Dans un marché plus structuré et exigeant, EC2 met son expertise au service des dirigeants pour clarifier les enjeux, structurer la démarche et avancer vers l’atteinte des objectifs, tant sur le plan des affaires que personnel.


